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Ventilation en salon : recommandations et erreurs fréquentes

Dans un salon de coiffure (coiffeur, barbier, coloriste), la ventilation n’est pas qu’une question d’odeurs : elle joue sur le confort client, l’hygiène, la qualité de l’air et la prévention des risques liés aux produits capillaires (décoloration, coloration, patine, lissage, sprays, etc.). Entre l’humidité près du bac à shampooing, les vapeurs d’ammoniac de certaines colorations, ou les poussières de poudres décolorantes, un air renouvelé correctement peut faire une vraie différence au quotidien.

Ventilation : l’objectif (simple) à garder en tête

Une bonne ventilation vise à :

  • Apporter de l’air neuf (dilution du CO₂, des odeurs, de l’humidité et de certains composés volatils),
  • Évacuer l’air vicié vers l’extérieur,
  • Et, quand il y a des émissions (mélange de poudre, vapeurs), capter au plus près de la source plutôt que “brasser” l’air dans tout le salon.

En France, l’“aération/ventilation des locaux de travail” est encadrée par le Code du travail (principes généraux et débits minimaux selon les locaux). À titre indicatif, on y trouve des débits minimaux d’air neuf par occupant pour certains types de locaux (ex. locaux de vente/réunion). Il est utile de s’y référer pour comprendre la logique et échanger avec un installateur ou votre prévention/santé au travail.

Recommandations concrètes pour un salon de coiffure

1) Faire un mini “diagnostic” du salon (30 minutes)

  • Repérez entrées d’air et bouches d’extraction (VMC, ventilation mécanique, climatisation/CTA).
  • Vérifiez que rien n’est obstrué (affiches, stocks, serviettes, poussière).
  • Si possible, utilisez un capteur de CO₂ en période d’occupation : c’est un indicateur pratique du renouvellement d’air. Une valeur repère souvent citée en gestion d’aération est 800 ppm (au-delà, on agit : aérer davantage / augmenter l’air neuf / réduire l’occupation).

2) Ventiler “par zones” selon vos postes

  • Zone technique (coloration/décoloration) : privilégiez une extraction efficace proche de la zone de mélange. Les poudres décolorantes (souvent à base de persulfates) peuvent rester en suspension : évitez de les manipuler dans un courant d’air qui les disperse.
  • Bacs à shampooing : humidité + chaleur = condensation et odeurs. Assurez une extraction régulière et limitez le séchage massif de serviettes dans la même pièce si la ventilation est faible.
  • Postes de coiffage / brushing : l’air doit circuler sans créer de courants d’air désagréables pour la cliente (et sans souffler directement sur le visage). L’idéal : apport d’air neuf bien réparti + extraction continue.
  • Espace barbier : sprays, talc, poussières de cheveux… gardez une extraction active et un nettoyage qui évite de remettre les particules en suspension (aspiration/lingettes plutôt que balayage “à sec”).

3) Entretenir et contrôler : le point souvent oublié

Filtres encrassés, bouches poussiéreuses, débits dégradés… Une installation mal entretenue ventile “sur le papier” mais pas dans la vraie vie. L’INRS rappelle que, dans certains locaux à pollution spécifique, des contrôles périodiques (au minimum annuels) peuvent être nécessaires (débits, pressions, état des éléments, captage, gaines, etc.).

4) Sobriété énergétique : ne pas couper la ventilation

Quand il fait froid ou quand l’énergie coûte cher, la tentation est de réduire au maximum. Problème : un renouvellement d’air minimal reste nécessaire pour évacuer CO₂, humidité, odeurs et composés volatils. La bonne approche : adapter (débits, horaires) avec un pro, plutôt que “OFF”.

Erreurs fréquentes en salon (et comment les éviter)

  • Couper la VMC/la ventilation pendant les prestations pour “garder la chaleur” → gardez au moins un régime réduit, et aérez ponctuellement.
  • Confondre purificateur et ventilation : un purificateur peut aider sur certaines particules, mais ne remplace pas l’air neuf.
  • Ajouter un ventilateur “face au poste technique” : ça disperse poussières et vapeurs dans tout le salon.
  • Bloquer entrées/sorties d’air avec stock, déco, PLV ou rideaux.
  • Parfumer à outrance (diffuseurs) pour masquer les odeurs : on ajoute des composés dans l’air au lieu d’évacuer.
  • Nettoyer à sec (balai) quand il y a beaucoup de poussières/spray : préférez l’aspiration et le nettoyage humide.
  • Oublier les filtres (clim/CTA) : odeurs, baisse de débit, inconfort, bruit.

Mini check-list “air sain” pour coiffeur / responsable de salon

  • Ventilation active pendant les heures d’ouverture (même en hiver).
  • Zone de mélange la plus ventilée + gestes limitant la mise en suspension (ouvrir doucement les sachets, refermer, nettoyer sans poussière).
  • Capteur CO₂ si possible : si ça dépasse souvent votre repère, on ajuste (air neuf, aération, jauge).
  • Entretien planifié : bouches, filtres, vérification des débits (par un pro si besoin).

Note importante

Cet article ne constitue pas un avis juridique, médical ou technique personnalisé. Les besoins de ventilation dépendent du local (surface, configuration, nombre de postes, statut ERP, équipements, produits utilisés, contraintes du bâtiment). Pour sécuriser vos choix, faites valider votre situation par un professionnel qualifié (CVC/ventilation) et, si besoin, par votre service de prévention/santé au travail et les références réglementaires applicables.

Sources