Photos avant/après en salon de coiffure : droit à l’image + autorisation simple à faire signer
Les photos avant / après sont devenues un outil marketing incontournable pour un salon de coiffure. Transformation balayage, rattrapage coloration, lissage miroir, coupe femme structurée, dégradé homme, prestation barbier… Ces visuels rassurent les clients et valorisent le savoir-faire technique. Mais attention : publier la photo d’un client implique le respect du droit à l’image et, dans certains cas, du RGPD.
Voici comment utiliser les photos avant/après en toute sérénité, avec une autorisation simple et efficace.
1) Le principe : chacun a un droit exclusif sur son image
En France, toute personne dispose d’un droit sur son image. Cela signifie que vous ne pouvez pas diffuser la photo d’un client reconnaissable sans son autorisation préalable, même si la photo a été prise dans votre salon et même si la prestation (balayage, coupe, couleur, barbe) a été payée.
Le consentement doit être :
- Libre (pas de pression ou condition implicite).
- Spécifique (préciser l’usage : Instagram, site internet, vitrine…).
- Éclairé (le client sait où et comment la photo sera utilisée).
2) Quand l’autorisation est-elle obligatoire ?
L’autorisation est nécessaire dès lors que :
- Le visage est visible.
- La personne est reconnaissable (tatouage, profil, coiffure distinctive).
- La publication est faite à des fins promotionnelles.
Si la photo ne montre que l’arrière de la tête, sans élément permettant d’identifier la personne, le risque juridique est réduit. Mais par prudence, une autorisation reste recommandée.
3) Instagram, Facebook, TikTok : mêmes règles
Peu importe le support :
- Réseaux sociaux.
- Site internet du salon.
- Google Business Profile.
- Affichage en vitrine.
Dès que l’image est diffusée publiquement pour promouvoir une prestation coiffure (coloration, balayage, lissage, coupe homme, coiffure mariage…), l’autorisation s’impose.
4) Droit à l’image et RGPD : le lien
Une photo constitue une donnée personnelle si la personne est identifiable. À ce titre, elle entre également dans le champ du RGPD. Cela implique :
- Informer le client de l’usage de la photo.
- Conserver la preuve de son accord.
- Permettre le retrait du consentement.
Si un client vous demande de supprimer une photo publiée après un balayage ou une transformation couleur, vous devez pouvoir le faire dans un délai raisonnable.
5) L’autorisation écrite : votre meilleure protection
Le plus simple pour un salon de coiffure est de faire signer une autorisation de droit à l’image. Elle peut être :
- Papier (fiche jointe au dossier client).
- Intégrée à votre logiciel via signature électronique.
- Incluse dans un formulaire tablette.
Modèle simple d’autorisation
AUTORISATION DE DROIT À L’IMAGE Je soussigné(e) ___________________________, autorise le salon ___________________________, à utiliser et diffuser les photographies prises le ____/____/______ dans le cadre de ma prestation coiffure. Cette autorisation concerne une diffusion sur : ☐ Réseaux sociaux (Instagram, Facebook, TikTok) ☐ Site internet ☐ Supports publicitaires du salon Je reconnais avoir été informé(e) de la finalité promotionnelle de cette diffusion et pouvoir retirer mon consentement à tout moment. Date : Signature :
Ce modèle est volontairement simple. Vous pouvez l’adapter à votre organisation.
6) Cas particulier : les mineurs
Pour une coupe enfant ou un avant/après adolescent, l’autorisation doit être signée par le représentant légal. La prudence est renforcée dans ce cas.
7) Bonnes pratiques terrain pour un salon de coiffure
- Demander l’autorisation après avoir montré la photo au client.
- Éviter de publier immédiatement sans validation.
- Privilégier des cadrages esthétiques mais respectueux.
- Ne jamais publier une photo qui pourrait porter atteinte à la dignité.
Une relation de confiance est toujours plus efficace qu’un simple formulaire.
8) Conservation et retrait du consentement
Conservez l’autorisation aussi longtemps que la photo est utilisée. Si le client retire son accord :
- Supprimez la publication.
- Retirez l’image des supports digitaux.
Le retrait du consentement doit être aussi simple que son accord initial.
Check-list rapide pour un salon “clean”
- Autorisation écrite avant publication.
- Information claire sur l’usage.
- Preuve conservée.
- Possibilité de retrait.
- Attention renforcée pour les mineurs.
Les photos avant/après sont un formidable levier marketing pour valoriser votre expertise en balayage, coloration, lissage ou coupe structurée. Bien encadrées, elles deviennent un atout professionnel sécurisé.
Cet article est fourni à titre informatif et général pour les professionnels de la coiffure. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation des textes officiels ni le conseil d’un professionnel du droit. L’application du droit à l’image et du RGPD dépend des circonstances concrètes (identifiabilité, support de diffusion, nature du consentement). Avant toute publication, il est recommandé de vérifier vos pratiques auprès des sources officielles ou d’un conseil compétent.

