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Fiches de données de sécurité (FDS) : lesquelles garder et pourquoi

Entre la coloration, la décoloration, l’oxydant, les sprays de finition, les produits de désinfection et de nettoyage, un salon de coiffure manipule beaucoup de produits chimiques — parfois sans s’en rendre compte. La Fiche de Données de Sécurité (FDS) est le document “réflexe” qui complète l’étiquette : elle détaille les dangers, les précautions, les EPI (gants, lunettes, masque), les incompatibilités, les gestes de premiers secours et les règles de stockage.

Concrètement, bien gérer les FDS aide à protéger l’équipe (coiffeur, coiffeuse, apprenti, barbier), à mieux organiser le stock, à réagir en cas d’incident (projection, inhalation, déversement) et à alimenter votre évaluation des risques et, si besoin, les notices de poste quand il existe une exposition à des agents chimiques dangereux.

À quoi sert une FDS (et quand existe-t-elle) ?

La FDS est encadrée au niveau européen (REACH). En résumé : lorsqu’une substance ou un mélange est classé dangereux (ou répond à certains critères spécifiques), le fournisseur doit fournir une FDS conforme aux exigences (format en 16 rubriques). C’est ce document qui vous dit “quoi faire” en pratique : ventilation, EPI, stockage, conduite à tenir en cas d’accident, élimination des déchets, etc.

Important : certains produits destinés au grand public peuvent ne pas être accompagnés d’une FDS “automatique”. En tant que professionnel, vous pouvez néanmoins demander au fournisseur les informations nécessaires (et, en pratique, beaucoup de marques pro mettent les FDS à disposition en téléchargement).

Quelles FDS garder dans un salon de coiffure ?

Règle simple : gardez la FDS de tout produit chimique utilisé au salon dès qu’il existe une FDS (a fortiori si le produit est classé dangereux). Pour vous aider, voici les familles les plus concernées en coiffure :

1) Produits techniques capillaires (priorité n°1)

  • Poudres décolorantes (poussières, irritants/allergènes possibles),
  • Oxydants (peroxydes),
  • Colorations / patines / oxydations (selon formulation),
  • Permanentes, défrisants, certains lissages et neutralisants,
  • Sprays techniques utilisés en poste (laques, fixants, brillances) si classés dangereux (aérosols, solvants).

2) Hygiène, désinfection et nettoyage (souvent oublié)

  • Désinfectants pour surfaces, outils, bacs à shampooing, plans de travail (solutions alcooliques, produits virucides, etc.),
  • Produits de détartrage (bacs, robinetterie), dégraissants, détergents concentrés, Javel, acides/bases,
  • Nettoyants “atelier” : solvants, détachants, décapants, aérosols d’entretien.

3) Produits “annexes” : maintenance et services

  • Colles, sprays lubrifiants, produits d’entretien du mobilier, détachants textiles (serviettes/capes),
  • Si vous avez un espace esthétique/manucure : dissolvants, gels, primers, colles, etc. (souvent classés).

Pourquoi les garder ? (au-delà du “classement administratif”)

  • Sécurité immédiate : premiers secours (œil/peau/inhalation), lutte contre l’incendie, gestion d’un déversement.
  • Prévention au quotidien : choix des EPI (gants nitrile, lunettes), règles de ventilation au poste technique, stockage séparé des incompatibles.
  • Organisation du stock : l’INRS rappelle l’intérêt de conditionner le stockage à l’existence de la FDS et à un étiquetage correct.
  • Traçabilité : en cas de question santé/assurance/santé au travail, disposer d’anciennes versions peut aider à comprendre une exposition passée (les formulations évoluent).

Combien de temps conserver les FDS ?

Il n’existe pas toujours un “délai unique” simple applicable à toutes les situations. En pratique, plusieurs organismes de prévention indiquent qu’aucun délai réglementaire général n’est fixé pour la durée de conservation des FDS et qu’il est recommandé d’archiver au moins 10 ans les informations relatives aux produits utilisés, notamment pour des besoins de traçabilité. Pour certains risques (expositions pouvant avoir des effets à long terme), votre service de prévention/santé au travail pourra recommander une conservation plus longue. L’idée : conserver la FDS tant que le produit est utilisé, puis archiver les anciennes versions (avec dates) quand le produit sort du salon.

Bonnes pratiques “coiffeur-friendly” pour gérer les FDS

1) Créez un classeur (papier ou digital) simple

  • 1 dossier “Techniques” (décolo, oxydant, coloration, lissage…)
  • 1 dossier “Hygiène / Désinfection
  • 1 dossier “Nettoyage / Entretien

2) Vérifiez la version

Une FDS n’est pas “valable 3 ans” de façon automatique : ce qui compte, c’est d’avoir une FDS à jour (les fournisseurs la révisent quand de nouvelles informations ou exigences s’appliquent). Astuce : faites un point 1 fois par an et à chaque changement de marque/fournisseur.

3) Rendez l’info accessible à l’équipe

Le document doit pouvoir être consulté facilement par les personnes qui manipulent les produits. Pour le terrain, vous pouvez aussi afficher une fiche interne courte (EPI + gestes clés) issue des rubriques “mesures de protection”, “premiers secours” et “stockage”.

4) Utilisez la FDS pour vos notices de poste si nécessaire

Quand un poste expose à des agents chimiques dangereux, le Code du travail prévoit une notice de poste : la FDS est une base très utile pour la rédiger et la mettre à jour.

Note importante

Cet article ne constitue pas un avis juridique, réglementaire ou HSE personnalisé. Les obligations exactes et durées de conservation peuvent varier selon les produits utilisés, votre organisation, vos expositions et votre situation (salon, salon mobile, espace esthétique, etc.). Pour sécuriser vos pratiques, faites valider votre gestion du risque chimique (FDS, stockage, EPI, notices de poste, DUERP) par un professionnel compétent et/ou votre Service de Prévention et de Santé au Travail, et référez-vous aux textes officiels applicables.

Sources