Business plan salon de coiffure : le guide concret pour le rédiger (et convaincre banquier, investisseur ou… vous-même)
Ouvrir ou reprendre un salon de coiffure (mixte, barber, concept coloration, studio privé) ne se résume pas à choisir un local et un beau mobilier. Un business plan solide vous aide à vérifier la faisabilité, fixer une stratégie claire et sécuriser votre financement : prêt bancaire, apport, aides, leasing matériel (fauteuil de coiffure, bacs shampooing), etc.
L’objectif n’est pas d’écrire “un document parfait”, mais un plan cohérent, chiffré et réaliste, aligné avec votre identité de coiffeur / coiffeuse : coupe, brushing, technique couleur, balayage, patine, soin profond, barbe, revente produits capillaires.
1) Résumé exécutif : votre salon en 1 page
Incluez :
- Le concept : salon premium, familial, rapide, expert coloration, barbier, etc.
- La zone : ville/quartier, passage, visibilité, stationnement.
- Votre différenciation : spécialité balayage, diagnostic cuir chevelu, expérience client, horaires élargis, prise de RDV en ligne…
- Les chiffres-clés : CA visé, marge, besoin de financement, date d’ouverture.
- Votre profil : diplômes, expérience, management, certifications.
Pour le secteur “salon de coiffure”, Bpifrance Création rappelle les grandes étapes de création (étude de marché, budget, financement, recrutement, etc.), utiles pour structurer ce résumé.
Source : Bpifrance Création – Comment ouvrir un salon de coiffure ?
2) Étude de marché : prouver qu’il y a des clients (et pourquoi chez vous)
L’étude de marché n’est pas “un devoir scolaire” : c’est un test de réalité.
À analyser
- Clientèle cible : familles, actifs pressés, étudiants, clientèle premium, clientèle masculine barbe, cheveux bouclés, etc.
- Concurrence locale : types de salons, positionnement prix, avis, délais de RDV, spécialités.
- Zone de chalandise : flux piéton, accès transports, parking, proximité commerces, bureaux, écoles.
- Tendances : demande de balayage naturel, patines, soins réparateurs, services barbe, etc.
À prouver avec du terrain
- Visites des salons concurrents (anonymement), comparaison des grilles tarifaires, observation du remplissage.
- Micro-sondage : voisins, commerçants, groupes locaux, clientes existantes (si reprise).
- Test de prix : “à quel prix je réserve sans hésiter ?”
3) Offre & carte de prix : votre rentabilité commence ici
Un salon vit de son mix prestations et de son ticket moyen.
Construisez une carte simple et lisible
- Coupe femme / coupe homme / coupe enfant
- Brushing, coiffage, attaches
- Technique : coloration, décoloration, mèches, balayage, patine
- Soins : olaplex-like, bot, rituels cuir chevelu (selon marques utilisées)
- Barber : taille de barbe, rasage, contours
Important : l’affichage de la liste complète des prix TTC est une obligation rappelée pour l’activité de coiffeur en salon (carte à la caisse et visible).
Source : Bpifrance Création – Coiffeur en salon (réglementation)
Calculez vos prix avec une logique métier
- Temps réel au poste (coupe, brushing, technique)
- Consommation produits (couleur, oxydant, patine, shampoing, masque)
- Coût cabine/énergie (bacs, séchoirs, clim)
- Objectif de marge et de rémunération
4) Organisation : planning, équipe et parcours client
Un business plan crédible décrit votre fonctionnement quotidien.
Parcours client type
Accueil → diagnostic → installation fauteuil → bac shampooing → prestation (coupe / coloration / balayage / barbe) → coiffage → encaissement → rebooking → conseil produits.
Capacité & productivité
- Nombre de postes de coiffage, nombre de bacs shampooing
- Durée moyenne par prestation
- Taux de remplissage réaliste (surtout les 3–6 premiers mois)
Ressources humaines
- Solo, apprenti, coiffeur(se) confirmé(e), barber, manager
- Rémunération (fixe/variable), commissions revente, planning
5) Réglementation : intégrer la conformité dans votre plan
Un banquier aime un projet conforme (moins de risques).
Pour l’activité de coiffeur en salon, Service-Public détaille notamment :
- obligations liées au local (accessibilité, sécurité)
- existence de registres (ex : registre de sécurité)
Source : Service-Public – Coiffeur en salon : conditions d’accès et d’exercice
6) Choix du statut : cohérence entre fiscalité, protection et ambitions
Votre business plan doit justifier votre structure : EI, micro-entreprise, EURL, SASU, etc.
Repère utile : l’INPI présente les différentes formes juridiques et la logique de choix.
Source : INPI – Statuts et formes juridiques
Et Bpifrance Création propose une synthèse pour choisir entre micro, EI, EURL, SASU (si vous êtes seul).
Source : Bpifrance Création – Quel statut juridique choisir ?
7) Le cœur du business plan : les chiffres (sans se raconter d’histoires)
a) Plan de financement initial
Listez précisément :
- Travaux, décoration, enseigne
- Matériel : fauteuils, bacs, miroirs, chariots, tondeuses, sèche-cheveux, stérilisation
- Stock de départ (coloration, décoloration, soins, retail)
- Caution, frais de création, communication lancement
- Trésorerie de sécurité (souvent sous-estimée)
b) Prévisionnel d’activité (12 à 36 mois)
- CA par familles de prestations (coupe, brushing, technique, barbe, revente)
- Ticket moyen, nombre de clients/jour, panier retail
- Saisonnalité (rentrée, fêtes, mariages, été)
c) Charges
- Fixes : loyer, abonnements, assurances, compta, salaires
- Variables : produits techniques, consommables, commissions variables, frais de paiement
d) Seuil de rentabilité
Calculez le CA minimum pour couvrir toutes les charges. (C’est le meilleur anti-stress : vous savez “ce qu’il faut faire” pour ne pas perdre d’argent.)
Méthode de calcul rappelée par Bpifrance Création.
Source : Bpifrance – Seuil de rentabilité
e) Micro-entreprise : point d’attention “charges vs régime”
Si vous êtes (ou envisagez) la micro-entreprise, gardez en tête que les cotisations sont un pourcentage du CA, et que vous ne déduisez pas vos charges réelles. Les taux sont détaillés par economie.gouv.fr.
Source : Economie.gouv – Cotisations micro-entreprise
Et pour simuler rapidement un revenu net, l’outil officiel mon-entreprise est très pratique.
Source : Mon-entreprise (URSSAF) – simulateur auto-entrepreneur
8) Stratégie marketing : comment remplir l’agenda
Dans un salon, le marketing doit surtout produire : RDV et rebooking.
- Présence locale : Google Business Profile, avis, photos du salon, itinéraire
- Offres de lancement (sans casser les prix) : diagnostic offert, soin découverte, pack “premier RDV”
- Réseaux sociaux : avant/après (avec accord), rituels couleur, conseils routine
- Fidélisation : carte, parrainage, rappels, abonnement brushing (selon concept)
- Partenariats : commerces voisins, salles de sport, wedding, barbershop adjacent (si pertinent)
9) Annexes à ajouter (elles rassurent énormément)
- CV + diplômes + expériences
- Devis travaux, devis mobilier, devis matériel
- Bail / promesse de bail / plan du local
- Grille tarifaire TTC
- Prévisionnel (tableaux) + hypothèses (ticket moyen, clients/jour)
- Plan d’action marketing (90 jours)
Cet article propose des informations générales et des méthodes de travail. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou comptable. Pour sécuriser votre projet (statut, obligations, financement, conformité ERP), faites valider vos choix et vos chiffres par un professionnel qualifié (expert-comptable, conseiller juridique, CCI, etc.).
Sources
- Bpifrance Création – Comment ouvrir un salon de coiffure ?
- Bpifrance Création – Coiffeur en salon (réglementation, affichage prix TTC)
- Service-Public – Coiffeur en salon : conditions d’accès et d’exercice
- INPI – Statuts et formes juridiques de l’entreprise
- Bpifrance Création – Quel statut juridique choisir ?
- Bpifrance Création – Seuil de rentabilité
- Economie.gouv – Taux de cotisations micro-entreprise
- Mon-entreprise (URSSAF) – Simulateur auto-entrepreneur


