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Toilettes en salon de coiffure : sont-elles obligatoires pour la clientèle ? (selon configuration / ERP)

Question très fréquente au moment d’ouvrir ou de reprendre un salon de coiffure : “Est-ce que je dois avoir des toilettes pour les clients ?” Entre la réalité des petits locaux, les contraintes d’ERP, l’accessibilité PMR et les règlements locaux, on entend de tout… et on peut vite se tromper.

La bonne approche est simple : distinguer toilettes pour le personnel (droit du travail) et toilettes mises à disposition du public (règlements sanitaires / accessibilité ERP). Ensuite, on regarde ta configuration (surface, ancien/neuf, copropriété, travaux) et ta politique d’accueil (WC “privés” ou “clients”).

1) Toilettes “personnel” : oui, c’est (quasi) toujours obligatoire

Dès que tu as des salariés (ou du personnel présent), le Code du travail impose à l’employeur de mettre à disposition des travailleurs des installations sanitaires, dont des cabinets d’aisance. Le texte fixe aussi des minima selon l’effectif maximal présent en même temps (ex. au moins un cabinet d’aisance et un urinoir pour 20 hommes, deux cabinets pour 20 femmes, etc.).

Au-delà du “nombre”, on retrouve des exigences de base : toilettes qui ne communiquent pas directement avec les locaux fermés où l’on travaille, ventilation, papier, nettoyage/désinfection au moins quotidien, etc. Concrètement, même un petit salon avec 1 à 3 personnes doit prévoir un sanitaire “côté personnel” ou un accès adapté (selon la configuration).

Bon réflexe salon

  • Prévoir un WC accessible facilement depuis la zone “réserve / arrière-boutique”.
  • Mettre en place une routine de nettoyage (fin de journée + contrôle en journée si passage).
  • Avoir un point d’eau et de quoi se laver/sécher les mains.

2) Toilettes “clientèle” : la réponse est souvent “ça dépend” (et c’est normal)

Beaucoup de salons (notamment salons de quartier, barber shops compacts, catégories ERP 5) n’ont pas de toilettes pour le public. Est-ce pour autant “illégal” ? Pas forcément. Le point clé est que l’obligation “public” dépend très souvent du règlement sanitaire applicable localement (souvent appelé Règlement sanitaire départemental – RSD) et de l’interprétation de l’autorité compétente.

Exemple de principe général qu’on retrouve dans certains règlements sanitaires : “Dans les établissements ouverts ou recevant du public doivent être aménagés, en nombre suffisant et compte tenu de leur fréquentation, des lavabos, des cabinets d’aisances et urinoirs.” Ce type de formulation existe (par exemple dans le règlement sanitaire du département de Paris). Mais “en nombre suffisant” n’est pas toujours chiffré pour tous les commerces : d’où les différences de pratique selon l’activité, la fréquentation, la ville, et le contexte du local.

3) Le piège n°1 : “toilettes privées” vs “toilettes ouvertes au public”

La question n’est pas seulement “ai-je un WC ?”, mais à qui est-il accessible.

  • WC réservés au personnel : tu peux afficher “Toilettes privées / personnel” et ne pas les proposer à la clientèle (sauf geste exceptionnel). Dans ce cas, tu évites souvent d’entrer dans les exigences “sanitaires ouverts au public”.
  • WC mis à disposition des clients : dès que tu les ouvres à la clientèle (même “sur demande” de manière habituelle), tu dois raisonner comme des sanitaires ouverts au public, notamment sur l’accessibilité des PMR.

Conseil pratique : choisis une politique claire, écrite, et appliquée par l’équipe. Le flou (“oui parfois non”) est ce qui crée les problèmes en cas de contrôle ou de réclamation.

4) Le piège n°2 : si tu ouvres des WC au public, l’accessibilité PMR entre en jeu

En ERP, lorsqu’un sanitaire est ouvert au public, il doit respecter des exigences d’accessibilité (au moins un cabinet adapté, principes dimensionnels, équipements accessibles, etc.). C’est précisément pour éviter la discrimination : si tu proposes un WC client, il doit pouvoir être utilisé par une personne en situation de handicap, sauf dérogation accordée dans les formes.

Résultat : certains gérants préfèrent déclarer et gérer leurs WC comme réservés au personnel pour ne pas avoir à engager des travaux lourds dans un local ancien (sous-sol, couloirs étroits, marche, impossibilité de créer un espace de rotation…).

5) Et dans un salon de coiffure, on fait quoi ? 3 scénarios réalistes

Scénario A – Petit salon / barber shop : pas de WC clients

Tu as un WC personnel (obligatoire côté employeur), et tu ne le mets pas à disposition du public. C’est fréquent. Pour l’accueil, tu peux :

  • Afficher poliment “Toilettes non accessibles au public”.
  • Avoir une solution “service” : indiquer le WC public le plus proche (mairie, centre commercial, gare, etc.).

Scénario B – Salon avec WC clients (volonté “premium”)

Tu veux offrir un vrai confort client (coloration longue, balayage, soins, attente). Dans ce cas, pense l’aménagement dès le départ : emplacement, largeur de passage, signalétique, et surtout accessibilité si le WC est ouvert au public.

Scénario C – Local ancien : tu voudrais, mais tu ne peux pas

Si tu envisages d’ouvrir un WC à la clientèle mais que la configuration rend l’accessibilité très complexe, il peut exister des dérogations (impossibilité technique, disproportion manifeste, copropriété, patrimoine…). Mais cela se traite via un dossier (souvent avec accompagnement professionnel) : évite de décider “au feeling”.

6) FAQ express (les questions qu’on te posera au salon)

“Un client peut-il exiger d’aller aux toilettes ?”
En pratique, non : si tes WC sont privés/personnel, tu peux refuser poliment et orienter vers des toilettes publiques. Mais en cas de situation particulière (grossesse, handicap, urgence), beaucoup de salons choisissent une approche humaine. Le point important est de ne pas faire une “mise à disposition habituelle” si ton WC n’est pas conforme pour le public.

“Si je sers le café, ça change tout ?”
Offrir un café ne transforme pas automatiquement ton salon en restaurant. En revanche, certaines obligations spécifiques existent pour les établissements de restauration/consommation sur place : si ton activité évolue (coin salon de thé, prestations événementielles avec consommation), vérifie les règles locales applicables.

“Qui peut me donner la réponse sûre pour mon local ?”
Ta mairie (service urbanisme/ERP), la préfecture ou l’ARS (selon organisation locale), et un professionnel (architecte / bureau de contrôle) si tu fais des travaux. Le bon document à demander : le règlement sanitaire applicable + les attendus ERP liés à ton dossier.

Message de prudence (protection) : cet article est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un avis juridique, ni une garantie de conformité. Les obligations relatives aux toilettes “clientèle” peuvent dépendre de votre situation exacte (catégorie/type ERP, neuf/existant, fréquentation, nature des prestations, règlement sanitaire local, interprétation et exigences de l’autorité compétente). Avant de conclure qu’un WC est ou non obligatoire pour le public, et avant toute décision d’ouverture “aux clients”, vérifiez les textes applicables localement (RSD/arrêtés) et, si besoin, faites-vous accompagner par un professionnel (architecte, bureau de contrôle, service ERP de la mairie). Pour les sanitaires du personnel, appliquez le Code du travail et les règles d’hygiène associées.

Sources :