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Serviettes, capes, peignoirs : lavage, stockage, rotation (bonnes pratiques) en salon de coiffure

Dans un salon de coiffure ou un barber shop, le linge est partout : serviettes au bac à shampooing, capes au poste de coiffage, peignoirs pour certaines prestations (coloration, soins, rituels). Et comme ces textiles touchent la peau, la nuque, les cheveux et parfois les produits (laque, cire, colorants), ils sont au cœur de la confiance client… et de la prévention des contaminations croisées.

L’objectif n’est pas d’en faire “trop”, mais d’avoir une organisation simple, reproductible et compatible avec un salon qui tourne : tri, lavage, séchage, stockage et rotation. Voici une méthode pratico-pratique, inspirée des repères d’hygiène utilisés en prévention.

1) Le principe de base : un textile = un client (et on ne “réutilise pas”)

Dans les règlements sanitaires applicables aux locaux professionnels de coiffeurs, on retrouve l’idée que les textiles doivent être propres et renouvelés. Par exemple, la partie “hygiène générale” du règlement sanitaire (ex. Paris) précise que les serviettes sont renouvelées pour chaque client. Cela donne un repère clair : pas de “petit ré-usage”, même si “ça a l’air propre”.

2) Organiser un “circuit du linge” : propre / sale, sans mélange

Le plus important, ce n’est pas la marque de lessive : c’est le circuit. Un linge mal géré se re-contamine très vite (linge propre posé sur un meuble, sac ouvert, empilement au sol…). Dans les démarches de prévention en blanchisserie, on rappelle que le linge sale peut contenir des agents biologiques potentiellement pathogènes ; donc on le manipule avec méthode.

Le circuit simple à mettre en place

  • Zone “propre” : armoire fermée (ou étagère fermée) pour serviettes/capes/peignoirs propres.
  • Zone “sale” : bac à linge sale avec couvercle + sac, idéalement proche des bacs et des postes.
  • Interdits : linge propre sur le comptoir caisse, sur la desserte de coiffage, sur une chaise d’attente, ou près des produits (sprays, solvants).

3) Tri : ce que tu gagnes à séparer dès le départ

Un bon tri = un lavage plus efficace et des textiles qui durent plus longtemps.

  • Serviettes “bac” (humides, contact cheveux/peau) : filière “sale” directe.
  • Peignoirs / capes tissu : à part si très chargés en produits (coloration, huiles, cire).
  • Textiles très souillés (coloration, décoloration, huile) : idéalement un sac dédié, pour éviter de contaminer tout le reste.

4) Lavage : règle simple + réglages “sans abîmer”

Le bon lavage, c’est : lessive + action mécanique + bonne température + bon temps (et pas “un mini-cycle tiède” par habitude). Dans des supports de prévention/hygiène, un repère fréquent pour obtenir une propreté microbiologique avec lessive est un cycle autour de 60 °C quand le textile le supporte. Si le linge ne supporte pas ces températures, certains protocoles recommandent un pré-lavage ou un produit lessiviel adapté : dans tous les cas, on suit l’étiquette du textile et les consignes du produit.

Bonnes pratiques de lavage (salon)

  • Laver après chaque utilisation (serviettes, capes tissu portées, peignoirs portés).
  • Ne pas surcharger la machine : si le tambour est trop plein, le linge ressort “propre visuellement” mais mal rincé (et parfois avec odeurs).
  • Doser correctement la lessive (trop = résidus/odeurs, pas assez = inefficacité).
  • Prétraiter les tâches “produits coiffants” (cire/pommade/laque) pour éviter le film gras persistant.
  • Rinçage : si le linge sent encore le produit, augmenter le rinçage plutôt que “parfumer”.

5) Séchage : l’étape anti-odeurs (et anti-moisissures)

Le linge qui “tourne” au bac vient souvent d’un séchage incomplet. En fin de cycle, vise un linge totalement sec avant stockage. Le sèche-linge (si adapté au textile) ou un séchage sur zone ventilée réduit fortement les odeurs et évite le linge “humide en pile”.

6) Stockage : propre, fermé, et loin des produits

  • Armoire fermée (idéal) ou boîte propre avec couvercle.
  • Jamais au sol (poussières/cheveux/éclaboussures = recontamination).
  • Loin des produits : colorations, décolorants, sprays, alcool, solvants (odeurs, taches, risque chimique).
  • Rotation “FIFO” (First In, First Out) : le linge lavé en premier est utilisé en premier, pour éviter les piles “oubliées”.

7) Rotation : combien de serviettes/capes prévoir ?

La bonne rotation évite la panique de 17h (“plus de serviettes propres !”) et limite les “mauvais compromis”. Méthode simple :

  • Estime le nombre de clients/jour et le nombre moyen de serviettes par client (souvent 1 à 2 selon shampooing/soin).
  • Ajoute une marge (10 à 20%) pour les imprévus (double shampooing, retouches, incidents).
  • Si tu externalises la blanchisserie (ramassage 2x/semaine), augmente le stock pour couvrir l’intervalle.

Exemple (repère) : 20 clients/jour × 2 serviettes = 40 serviettes/jour, + 20% = 48. Si lavage quotidien sur place, tu peux viser 1 à 2 jours de stock ; si lavage externalisé, plutôt 3 à 5 jours selon la fréquence de collecte.

8) Cas particuliers : capes et peignoirs

  • Capes tissu : lavage après chaque client. Si contact direct nuque/peau, ajoute un tour de cou papier à usage unique (barber shop notamment).
  • Capes vinyle/plastique : nettoyage/dégraissage si besoin, puis désinfection selon produit compatible, et surtout séchage avant rangement (sinon odeurs et traces).
  • Peignoirs : attention aux résidus (coloration/soins). Tri dédié si nécessaire, et éviter de les stocker humides “en boule”.

Message de prudence : cet article est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un avis juridique, ni une garantie de conformité, ni une prescription médicale. Les pratiques adaptées dépendent de votre établissement (ERP ou non), des exigences locales applicables, des notices textiles, des produits utilisés (étiquettes/FDS) et des recommandations des fabricants. Pour formaliser un protocole “officiel” adapté à votre salon, référez-vous aux textes en vigueur dans votre zone et/ou faites valider votre organisation par un professionnel compétent (prévention/hygiène/santé au travail).

Sources :