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Travaux / aménagement : quelles autorisations pour modifier ton salon de coiffure (selon ta commune) ?

Refaire un salon de coiffure, c’est souvent un vrai projet : déplacer les bacs à shampooing, créer un coin barbier, optimiser l’accueil, ajouter une cabine (soins, massage du cuir chevelu), améliorer l’éclairage des postes de coiffage, changer la vitrine… Sauf qu’en France, selon la nature des travaux et la commune, tu peux avoir plusieurs niveaux d’autorisations à obtenir.

La bonne approche : penser “3 couches” avant de lancer le chantier :

  • Urbanisme (déclaration préalable, permis de construire) : surtout si tu touches à l’extérieur, aux surfaces, à la structure.
  • ERP (Établissement Recevant du Public) : sécurité incendie + accessibilité, dès que tu accueilles des clients.
  • Règles locales + “privé” (PLU, secteurs protégés, copropriété, bail commercial) : d’une rue à l’autre, ça peut changer.

1) Travaux “simples” à l’intérieur : pas toujours une autorisation… mais prudence

En général, un rafraîchissement intérieur (peinture, sol, mobilier, remplacement de fauteuils, miroirs, présentoirs produits, changement des postes de coiffage) ne déclenche pas automatiquement une autorisation d’urbanisme.

Mais ton salon est presque toujours un ERP : si tes travaux modifient la circulation (passages plus étroits), les sanitaires, les issues, l’éclairage de sécurité, ou l’accessibilité (marche, rampe, largeur de porte), tu peux entrer dans un cadre d’autorisation de travaux ERP. C’est fréquent quand on “reconfigure” la zone d’attente, la caisse, ou qu’on cloisonne un espace technique (coloration, laboratoire, réserve).

2) Dès que tu touches à l’extérieur (façade, vitrine, devanture) : la commune a son mot à dire

La règle la plus simple : si tu modifies l’aspect extérieur du local, tu dois presque toujours te poser la question d’une autorisation d’urbanisme. Cela concerne notamment :

  • Changement de vitrine, menuiseries, porte d’entrée
  • Création / modification d’ouverture (fenêtre, porte)
  • Ravalement de façade (selon la commune, la déclaration préalable peut être obligatoire)
  • Pose d’un store-banne, d’un caisson, d’une clim extérieure visible
  • Réfection de la devanture et éléments de façade

Pour un commerce, les formalités de modification de devanture (vitrine, façade, etc.) relèvent “dans la plupart des cas” d’une autorisation d’urbanisme, et la mairie (service urbanisme) te dira le bon dossier à déposer.

3) Déclaration préalable (DP) ou permis de construire (PC) : le point “surface / structure”

Quand tu agrandis ton salon (extension, arrière-boutique, création d’un nouvel espace bac à shampooing, ajout d’une cabine), l’autorisation dépend surtout de la surface créée et de ta situation (zone urbaine du PLU, secteur protégé, etc.). En repères très pratiques :

  • Création de surface “modérée” : on est souvent sur une déclaration préalable (DP), notamment jusqu’à 20 m².
  • Entre 20 et 40 m² : en zone urbaine d’un PLU, la DP peut rester possible dans certains cas ; sinon, on bascule fréquemment sur un permis de construire.
  • Au-delà de 40 m² : c’est généralement permis de construire.
  • Seuil de 150 m² : si, après travaux, la surface totale dépasse 150 m², il peut y avoir des conséquences (notamment le recours à un architecte selon les cas).

Important : ne fais pas ces calculs “au feeling”. La mairie te confirmera la bonne procédure, et les pages officielles expliquent les cas selon la surface et le contexte urbanistique.

4) Le cas incontournable du salon de coiffure : les travaux en ERP

Un salon de coiffure (avec clientèle) est un Établissement Recevant du Public. Donc, en plus de l’urbanisme, tes travaux peuvent nécessiter une autorisation de construire, aménager ou modifier un ERP afin de vérifier la conformité :

  • Accessibilité (PMR) : cheminement, porte, ressaut, espace de manœuvre, accueil, sanitaires si concernés…
  • Sécurité incendie : dégagements, issues, matériaux, éclairage de sécurité, alarme, etc.

Point très concret : la réglementation officielle précise que la non-opposition à une DP et l’autorisation de travaux ERP donnent lieu à deux décisions distinctes. Autrement dit : même si ton urbanisme est “OK”, ton volet ERP doit aussi être validé.

Selon ton projet, tu peux devoir déposer :

  • Une DP (ou un PC) côté urbanisme,
  • Et un dossier “ERP” (souvent via le cerfa 13824 quand le projet n’est pas soumis à PC/PA, ou un “dossier spécifique” joint quand il y a permis).

5) Règles locales : PLU, secteur protégé, et contraintes “façade”

Deux salons identiques peuvent être traités différemment selon la commune (ou même selon le quartier) : centre historique, site patrimonial, immeuble protégé, contraintes architecturales…

Pour gagner du temps, consulte le PLU (et servitudes) sur le Géoportail de l’Urbanisme : tu repères vite si tu es en zone avec contraintes particulières. Et si tu es en copropriété ou en bail commercial, vérifie aussi ce que ton bailleur/syndic autorise (couleurs, matériaux, enseigne, perçages, etc.).

6) Pendant les travaux : attention au trottoir (échafaudage, benne, chevalet)

On l’oublie souvent, mais si tu occupes le domaine public (benne sur la rue, échafaudage, livraison, emprise chantier, voire stop-trottoir/chevalet publicitaire), il faut généralement une autorisation d’occupation temporaire (AOT) délivrée par la mairie (ou gestionnaire de voirie), parfois payante.

7) Mini-checklist avant de signer les devis

  • Je liste mes travaux (intérieur / extérieur / structure / surface créée).
  • J’appelle urbanisme à la mairie : DP ou PC ? contraintes locales ? délais ?
  • Je vérifie le volet ERP (accessibilité + sécurité) : dossier à déposer ?
  • Je pense “chantier” : AOT pour benne/échafaudage si nécessaire.
  • Je garde des preuves (plans, photos avant/après, récépissés, décisions).

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les démarches varient selon la commune, la zone (PLU, secteur protégé), la nature exacte des travaux (surface, façade, structure), et le statut du local (ERP, copropriété, bail). Avant de démarrer les travaux d’aménagement de votre salon de coiffure, confirmez votre situation auprès de votre mairie (urbanisme / ERP) et, si besoin, d’un professionnel qualifié (architecte, bureau de contrôle, enseigneiste, juriste).

Sources