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TV / streaming en salon de coiffure : ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas (et des alternatives)

Un écran dans un salon de coiffure peut améliorer l’expérience client : attente plus agréable, ambiance “lounge” au poste de coiffage, distraction pendant une technique (coloration, patine, lissage). Mais attention : dès qu’un contenu est visible ou audible par la clientèle, on bascule souvent dans la diffusion au public. Et les règles ne sont pas celles de la maison.

L’idée n’est pas de vous faire peur : simplement de vous donner des repères concrets pour rester serein.

1) Le principe à comprendre : “privé” ≠ “public”

Si la TV ou la tablette est dans l’espace clients (accueil, zone d’attente, fauteuil de barbier, bac à shampooing), la diffusion est généralement considérée comme “publique”. À l’inverse, un écran dans une pièce réservée au personnel (sans accès clients) se rapproche d’un usage privé. En cas de doute, retenez une règle simple : si un client peut voir/entendre, c’est du public.

2) TV en salon : ce qui est le plus “safe”

  • Choisir une offre TV pensée pour les lieux recevant du public (selon votre besoin : info, sport, chaînes thématiques). Plusieurs acteurs proposent des formules “pro” qui encadrent la diffusion dans un établissement.
  • Préférer l’affichage de contenus dont vous maîtrisez les droits : vidéos “avant/après”, conseils brushing, routines barbe, présentation des prestations, promotions saisonnières, etc.

3) Streaming grand public : souvent hors cadre pour un commerce

Beaucoup de services “grand public” (plateformes de films/séries, musique, parfois même certaines solutions de TV payante) sont contractuellement prévus pour un usage personnel et non commercial. Par exemple, des extraits des conditions d’utilisation de Netflix indiquent que le service est réservé à un usage personnel et non commercial. Dans un salon, utiliser un compte perso pour divertir la clientèle peut donc être risqué (contrat + droits).

Même logique pour la musique : “mettre Spotify/Deezer/YouTube” avec un abonnement particulier peut sembler simple, mais ce n’est pas toujours adapté à une diffusion en lieu public.

4) Et côté droits en coiffure : Sacem + rémunération équitable (SPRE)

En France, la diffusion de musique dans un commerce (radio, TV, streaming…) est encadrée. Les informations officielles indiquent que les salons de coiffure doivent effectuer une déclaration et conclure un contrat avec la Sacem pour diffuser légalement de la musique relevant de son répertoire.

En parallèle, la SPRE gère la rémunération équitable (droits voisins) due aux artistes-interprètes et producteurs lorsque de la musique enregistrée est diffusée. Pour les salons, la SPRE précise que la Sacem est mandatée pour facturer et percevoir cette rémunération en son nom.

Point pratique : même une TV “en fond” dans la zone d’attente peut compter si elle diffuse de la musique (génériques, jingles, clips, pubs…). Les barèmes dépendent notamment de votre configuration (ex. une seule source sans haut-parleurs supplémentaires vs sonorisation du salon).

5) Alternatives simples (et réalistes) pour un coiffeur

  1. Musique d’ambiance via une solution B2B : choisissez un service conçu pour la diffusion en commerce (licences adaptées) et conservez vos justificatifs.
  2. TV “pro” si vous tenez à certaines chaînes : au lieu de bricoler avec une offre “particulier”, optez pour une formule explicitement autorisée en établissement recevant du public.
  3. Digital signage : une boucle vidéo “maison” (sans son ou avec musique gérée correctement) fonctionne très bien dans un salon premium, et valorise vos services (balayage, ombré, soins, taille barbe, etc.).
  4. Contenus de marques avec accord : demandez à vos fournisseurs (coloration, soins, barber) des vidéos destinées aux points de vente, et gardez une trace écrite de l’autorisation.

6) Mini-checklist avant d’allumer l’écran

  • Client qui voit/entend = diffusion au public.
  • Mon abonnement est-il pro (ou autorise-t-il explicitement l’usage en établissement) ?
  • Ai-je fait les démarches utiles côté Sacem (et rémunération équitable via SPRE si concerné) ?
  • En cas de doute : je bascule sur une solution “safe” (affichage maison, contenus autorisés, offre pro).

En résumé, pour un salon (coiffure femme/homme, espace barbier, salon mobile), la stratégie la plus sereine consiste à distinguer : une solution musique adaptée à la diffusion publique + une solution TV/écran avec un cadre contractuel clair.

INFORMATION IMPORTANTE : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les règles applicables dépendent de votre situation (type de diffusion, équipement, contrats, chaînes/plateformes, etc.). Pour sécuriser votre cas, référez-vous aux organismes compétents (Sacem/SPRE) et/ou demandez l’avis d’un professionnel du droit.

Sources